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31.03.2009
Centrisme et refonte du capitalisme par Thierry Benoit, député d'Ille-et-Vilaine
Il me paraît utile, à quelques jours du sommet du G 20, de rappeler la défiance que les centristes ont toujours exprimée à l’égard des abus du capitalisme. Certaines analyses n’ont guère vieilli et la mondialisation des échanges a remplacé la seconde industrialisation de la fin du XIXe siècle… J’en tiens pour preuve un discours d’Albert de Mun du 25 janvier 1884 dont la pertinence n’a rien perdu de sa valeur : « La première chose qui me frappe, disait-il, si je cherche à me rendre compte des causes générales de la crise qui nous agite, c’est que ce n’est pas une crise française, mais une crise internationale. Les nations modernes sont en souffrance, et la maladie chronique qui les épuise, c’est l’excès de la concurrence. L’homme, l’être vivant, avec son âme et son corps, a disparu devant le calcul du produit matériel. Dans ce combat à outrance, l’abaissement du prix de revient est devenu la grande nécessité, la grande préoccupation des producteurs. Comme dans toute entreprise industrielle les frais généraux ne varient guère, il a fallu, pour arriver à cet abaissement du prix de revient, augmenter sans cesse la production, cette surproduction, favorisée de toutes manières par tous les développements de l’industrie moderne, par toutes les forces nouvelles que le génie de l’homme arrache à la nature ». La conclusion d’Albert de Mun était que l’on avait abusé du travail et des forces de l’homme au nom du développement économique. La situation est-elle vraiment différente en ce début de XXIe siècle, même si la crise que nous connaissons est d’origine financière ? On retrouve en effet la marque d’une avidité excessive dans la titrisation des créances américaines qui est à l’origine de la crise actuelle. Les pays occidentaux, qui avaient jadis été inondés de biens de consommation, croulent aujourd’hui sous les produits bancaires toxiques ! La liberté d’entreprise, chère aux centristes, ne doit donc pas être une fin en soi mais un moyen de développement économique et de progrès social. La régulation est donc une nécessité à laquelle les Etats souverains doivent concourir pour revaloriser leur économie réelle. Le pragmatisme doit présider à la plupart des décisions prises au niveau national et international. Les économistes considèrent que seule l’intensification des plans de relance permettra d’envisager une issue heureuse à la crise dans le premier semestre de l’année 2010. Il faudra, pour cela, mettre en place des systèmes de supervision adaptés au marché mondial, en allant plus loin que la simple mise au pas des paradis fiscaux qui pratiquent le secret bancaire. L’organisation d’instances de contrôle prendra du temps au vu des intérêts divergents que nourrissent de nombreuses nations et organisations. Les politiques ont la responsabilité de définir un panel de règles minimales pour ne pas compromettre l’action des banques centrales, limitée par définition. Cette réglementation ne doit pas tuer l’initiative privée, mais améliorer la transparence du marché en rendant justice aux producteurs de richesse que sont en premier lieu les salariés. Il n’est pas vain de penser, comme Albert de Mun en son temps, que la paix et la prospérité des nations occidentales découleront des transformations qui sortiront de ce trouble général. Les centristes ont l’obligation de participer à cet effort collectif ! Thierry BENOIT (Député d’Ille-et-Vilaine)

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